Surplombant le village depuis une colline située sur son flanc sud, l'église Saint-Jacques-le-Majeur, emblématique de Hunawihr, se caractérise par un cimetière doublement fortifié et se classe parmi les rares simultaneum de la région.
L’œil du visiteur est attiré par la double enceinte datée des 14e et 15e s. de forme octogonale, dont chaque angle est renforcé par un bastion demi-circulaire. La fortification extérieure renferme le cimetière protestant, témoignage saisissant de l’empreinte de la Réforme à partir du 16e s., tandis que la fortification à bastion protège le cimetière catholique, contemporain de l’église primitive, dont témoignent encore le clocher et la crypte.
L’église est mentionnée dans les textes dès 1114, dans une protection accordée par l’empereur Henri V du Saint Empire Romain Germanique, aux biens du chapitre de Saint-Dié, dont fait partie l’église de Hunawihr. Une bulle du pape Calixte II datée de 1123, puis un parchemin de l’empereur Frédéric Ier Barberousse en 1157, réaffirment leur protection, accordée initialement par le pape Léon IX.
Les remaniements de l’église se distinguent dans l’architecture de style gothique du chœur, extension importante réalisée grâce aux dons perçu lors de la cérémonie de l’élévation de Sainte-Hune le 15 avril 1520. Cet évènement singulier est le témoin d’une ferveur populaire portée par le duc Ulrich de Wurtemberg auprès du pape Léon X. Les dates de 1524, à l’intérieur du chœur, et celle de 1525 sur la porte de la sacristie, témoignent de la réalisation des travaux. Sous la sacristie se trouve encore la crypte ou les reliques de Sainte-Hune étaient conservées, jusqu’à leur dispersion à la Réforme. A partir de cet évènement, Hunawihr devient protestante.
L’intérieur du clocher, quant à lui, renferme les remarquables fresques de la Légende de Saint-Nicolas, datées de 1493, figurant en 14 tableaux la vie de l’évêque dans les 7 registres supérieurs, puis les miracles du Saint réalisés après sa mort dans les 7 registres inférieurs.
Particularité de ce clocher massif : un cadran d'horloge à une seule aiguille agrémenté de grappes de raisins. Le mécanisme originel est la deuxième œuvre Jean-Baptiste Schwilgé, artisan de l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg.
Dans la nef, une chaire originale se découpe dans l'épaisseur d'un pilier en grès rose du début du 16e s. Les vitraux de la nef, figurant des grappes de raisins, témoignent de la place du patrimoine viticole dans l'art alsacien. Les vitraux du chœur illustrent la vie de Sainte-Hune.
En 1687, à la suite de l’annexion de l’Alsace, Louvois introduit le système favorisant la religion catholique du roi Louis XIV et l'accès au lieu de culte. A défaut de construire un deuxième lieu de culte, l'église devient un simultaneum : elle accueille en son sein les cultes catholique et protestant. Actuellement, seule une cinquantaine d'églises fonctionne encore sur ce principe en Alsace.
L'église a été classée Monument Historique en 1929, puis le cimetière et son enceinte en 1937, et finalement l’église en sa totalité en 1973.
Tout ce patrimoine est soigneusement entretenu et valorisé par l'Association des Amis de l'Eglise de Hunawihr, lors des manifestations nationales et des visites guidées et de conférences.
Visites gratuites tous les mercredis du 1er juillet au 16 septembre 2026 :
- Eglise : 17h30
- Village : 18h45
Début de la visite devant le monument aux morts devant l’entrée du cimetière.
Pour toute information complémentaire :
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